Deux mots qui ont souvent eut une connotation ringarde, synonymes de pulls en laine qui grattent et de napperons amidonés sous le vase rempli de fleurs artificielles. Imaginez le buffet 1950, le canevas avec les biches au fond des bois , la fausse cheminée rustique et vous avez le tableau complet ! Ah, j'oubliais les souvenirs estampillés Mt St Michel (ou La Bourboule)  de chaque coté de la photo de mariage............   

Dans tous mes travaux textiles, j'ai toujours essayé de démontrer que cela pouvait être autre chose que ce que l'on connaissait deja, hélas sans grand succes. 

J'ai travaillé pendant une dizaine d'année pour des fabriquants de laines à tricoter haut de gamme.  Je créais une partie  des modèles  publiés dans  leurs magazines.  Vous trouverez sur ces magazines les noms des photographes, ceux des marques, des stylistes photos (mise en scène des créations)  mais jamais le nom des créatrices des modèles. Nous sommes dans un pays ou "ça ne se fait pas !".  C'est la seule réponse que j'ai pu obtenir à mes interrogations sur le sujet  au cours de ces années, certes formatrices sur le plan artistique, mais frustrantes sur le plan de la reconnaissance d'un certain talent.

Le statut  d'une styliste est généralement indépendant, ce qui veut dire que l'on est sure d'avoir des charges à payer mais que l'on a aucune certitude d'avoir des revenus suffisants pour les couvrir et éventuellement un petit surplus qui permette d'en vivre...........    Ce métier passionnant permet de travailler 10 heures par jour, sans week-end, sans vacances et sans jours fériés et sans aucune garantie que les pièces présentées aux sélections seront retenues.

On peut très bien travailler pendant 6 mois et n'avoir que 2 ou 3  pièces retenues sur les 20 présentées à chaque sélection (ou pas de pièce retenue du tout ) Je ne me contentais pas de les dessiner, comme font la plupart des stylistes sorties des écoles renommées, je fabriquais entièrement les prototypes (je n'avais pas de tricoteuses sous payées pour les réaliser à ma place).    

J'ai été suffisamment productive pendant cette période pour pouvoir gagner l'équivalent du smic, ce qui sous entend que mes modèles avaient du succès, tant lors des sélections, qu'auprès de la clientèle finale de la marque. Il n'y avait donc aucune raison valable pour ne pas devenir salariée. J'ai maintes fois essayer d'obtenir ce statut, sans succes.  La seule chose que j'ai obtenue de la part d'un directeur commercial d'une des sociétés pour laquelle je travaillais fut la reflexion suivante " Il faut que le créateur ait faim pour créer"  Quand je pense que le malheureux avait du faire au moins 5 ans d'études après le bac pour obtenir sa place et qu'il arrivait  à sortir des c........... pareilles ! Il a des cas ou les longues études deviennent néfastes pour ceux qui les suivent.

Cliquez ci-dessous pour découvrir une sélection de modèles que j'ai créé à cette époque. Je ne les trouve pas particulierement  ringards. Les photos sont parfois trompeuses, les mannequins sur-dimensionnées en jambes, l'effet gaché par un pantalon à carreaux ou un chemisier à fleur imposé par la styliste photo ne met par vraiment le modele en valeur. La marque du pantalon en question est bien sure citée (même si on en voit que quelques cm2) c'est  beaucoup plus important que le nom de la pauvre imbécile qui s'est creusé la cervelle à essayer de pondre un truc élégant et si possible original !

Toutes ces raisons ont fait qu'un jour j'ai tourné la page, et que je me suis tournée vers d'autres exploration textiles pendant un certain nombre d'années.

De retour au stylisme mais cette fois-ci pour mon compte, vous trouverez dans ma boutique en ligne les explications de mes nouveaux modèles en format pdf (téléchargement) : http://www.crochet-laine-et-tricot.com/index.php?id_category=18&controller=category

 

 

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